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15.04.2008

1° : Levons un coin du voile !

Si les 1er, 2ème et 3ème grades (ceux des Loges bleues) semblent acceptés et communs à tous les Ordres maçonniques, à l’évidence il n’en va pas de même pour les grades complémentaires. Alors nous devrions revenir au pourquoi de ces différents ateliers. Mais avant cela, il semble important de resituer la notion « d’ordre », en ayant à l’esprit des notions d’épistémologie, notamment « d’adhérences épistémologiques », car nous raisonnons par rapport à une culture particulière, en revendiquant une ambition universelle. Un « ordre » ne résulte pas de la volonté de quelques-uns, plus ou moins bien intentionnés, ce serait dans ce cas une secte, peut-être puissante, mais que l’Histoire ne retiendrait que comme un épiphénomène, voire une incongruité. Un « ordre » correspond à une phase dans l’évolution d’une civilisation. Il naît comme un outil nécessaire, et il disparaît comme un outil obsolète. Comme outil, son rôle est de mettre en relation les éléments qui fondent l’épistémé (la configuration du savoir) à une époque. Un savoir qui n’évolue pas de manière continue, mais par phases, avec des « ruptures épistémologiques ». L’ordre a pour but de rassembler ce qui semble épars dans cette phase, mais aussi de permettre le « passage » dans la phase suivante. Ainsi l’ordre doit-il savoir s’effacer, pour que naisse un nouvel ordre. Mais un ordre créé pour des besoins de convergences et d’unité, se veut avoir des racines, quitte à s’inventer une origine, quitte à s’écrire une histoire et des mythes fondateurs. Pour percevoir ces phénomènes d’ordre, il faut considérer les mouvements civilisationels qui en constituent le substrat. Les premiers « ordres chevaleresques » se sont créé pour répondre au besoin d’unité des empires, et ils se sont confrontés au gré des confrontations des empires. Pour autant certains de ces ordres antagonistes ont échangé, voire se sont placés dans une « commune-union » qui dépassant leurs substrats impérialistes, leur en à valu les foudres. L’ordre maçonnique est un outil de rapprochement universel, inter-civilisationel. Il est l’héritier de ces « communes-unions » et non des ordres précédents en eux-mêmes, qu’il serait vain de vouloir copier, voire de singer. L’ordre maçonnique travaille à l’amélioration de l’homme et de l’humanité. Le premier terme étant la condition sine qua non du deuxième. L’universalité de l’ordre maçonnique est dans l’unité de l’humanité. Pour que consciente d’elle-même, dans le respect de sa diversité nécessaire, elle comprenne et prenne sa place dans l’univers.
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