26.05.2008

2° : Quid de la « Glorification du travail » ?

La réflexion porte sur l’expression : « Glorification du travail » qui est découverte lors du dernier des cinq « voyages » symboliques qu’effectue l’apprenti maçon lors de la cérémonie de passage au grade de « compagnon ». D’aucuns l’entendent comme une sorte de glorification de l’effort à produire, de la peine à prendre pour toute construction. D’autres l’entendent comme une « présentation en gloire » de la construction elle-même, comme la présentation magistrale du « chef-d’œuvre » du compagnon. Quelque soit l’acception retenue, on pourra au moins exclure toute notion de vanité et de prétention au décorum et aux lauriers qu’apporterait la gloire.
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21.05.2008

L’axe théurgique de la Franc-maçonnerie

Introduction
Convenons d’emblée, que l’esprit ne pense et n’agit sur le monde, qu’au travers des systèmes de représentation qu’il se construit. Convenons de même que ces systèmes doivent obéir à des règles strictes d’architecture, à un « art royal » par excellence, avec notamment des règles de logique, de géométrie, de chronologie et de bien d’autres encore. Mais remarquons aussi, que l’univers quant à lui, n’est soumis à aucune de ces lois, pour n’être qu’interactions de proximité, et propagation de proche en proche des effets de celles-ci. L’univers, la nature, tente tout, même le mariage de la carpe et du lapin, pour ne retenir que les systèmes stables, capables à leur tour d’interagir avec leur environnement. L’univers ignore les contraintes que nous devons donner à nos modèles de représentation, il ignore notamment le temps et il n’est animé par aucune volonté particulière, pour n’être que l’ordre des possibles, si et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. Enfin convenons avec modestie que nos systèmes de représentation seront toujours incomplets et qu’ils ne seront toujours qu’une vue de l’esprit, parfois marquée d’une imagination démesurée, où l’on peut prendre ses désirs ou ses craintes pour des réalités. Cette vue de l’esprit, souvent exprimée dans un soucis d’esthétique, se doit d’être partageable, sans quoi elle ne resterait qu’un rêve, qu’une illusion personnelle. A la complexité de cette vue, peut alors s’ajouter la complexité de la transmission elle-même, par la capacité de l’émetteur à énoncer clairement son propos, par la capacité du récepteur à entendre et à comprendre ce qui lui est communiqué, par la possession de cultures compatibles, par le choix de vecteurs de communication plus où moins compréhensibles selon les cultures. Ainsi dans « l’Art royal », outres les règles d’architecture, propres au système de représentation, il est nécessaire de posséder l’art de s’exprimer pour rendre celui-ci intelligible par un interlocuteur pétri dans sa culture. Pour illustrer cette difficulté à entendre et à comprendre le même signifié, regardons les conséquences d’un simple changement d’article, entre LE et LA dans l’acronyme GADLU. LE GADLU est le signifiant de Grand Architecte De l’Univers. LA GADLU est le signifiant de Grande Architecture De l’Univers. Dans la première acception : Le GADLU, il y a personnification en une entité, manifestant une volonté particulière. Cette entité pouvant être « transcendante », c’est-à-dire extérieur à l’Univers, ou pouvant être « immanente », c’est-à-dire constitutive de l’Univers. En d’autres termes, pour certain Dieu est créateur et extérieur au monde, pour d’autres Dieu est le monde et son propre créateur. Dans la deuxième acception : La GADLU, il s’agit de l’architecture de l’univers, sans manifestation d’une volonté particulière. Dans ce « principe créateur », les évènements ne surviennent que si, et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. En d’autres termes, la GADLU est le signifiant d’un « ordre des possibles », de ce que PEUT l’univers, et non de ce qu’il VEUT. Pour autant ces deux acceptions ne sont pas inconciliables, mais cela demande, dans un esprit de concorde, d’accepter l’idée que dans un ordre des possibles, ne manifestant aucune volonté particulière, puisse apparaître une entité qui consciente d’elle-même, manifeste sa volonté particulière, dans le respect de l’ordre des possibles. Ainsi par sa connaissance de l’ordre des possibles, cette entité aurait la capacité de potentialiser tous les possibles, si et seulement si, elle sait en réunir et en maintenir les conditions nécessaires. L’humain est déjà une entité de cette nature, mais on peut imaginer qu’à un plus haut degré de conscience, celui d’une humanité toute entière, un autre type de volonté puisse se manifester. C’est à ce degré que se situe la notion d’Adam primordial.
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16.04.2008

1° : Aspect performatif des rituels et des mythes en maçonnerie

Dans une première approche profane, remarquons que le terme performatif est emprunté à la linguistique, dans le domaine des « actes de langage » où l’on constate que le langage n’est pas seulement constatif (descriptif), mais qu’il est aussi actif en ce qu’il induit un effet (une action) sur le récepteur. On peut donc considérer ces « actes de langage » comme des outils, en remarquant aussi (hélas), qu’à l’instar de tout outil humain, celui-ci peut devenir une « arme par destination », pour devenir de la « manipulation d’opinion ». Cet acte de langage peut se décliner selon différents attributs, notamment suivant le classique QQOCCQP : Qui le dit, Quand, Où, Comment, Combien, Quoi et Pourquoi. Les théoriciens des actes de langage remarquent 3 formes « d’actes de langage » :
- « locutoire », c’est le fait même d’utiliser le langage
- « illocutoire », relatif aux actions que l’on peut déclencher par l’usage du langage.
- « perlocutoires», relatif aux effets des actions déclenchées.
Ces théoriciens tiennent pour essentiel de distinguer l'acte illocutoire, qui est rigoureusement un acte de langage, de l'obtention d'effets perlocutoires qui peuvent provenir de moyens qui ne sont pas nécessairement linguistiques (voix, rythme, mimique etc)
Ces théoriciens, distinguent aussi ces actes de langage selon l’intention (le pourquoi) du locuteur pour remarquer : les assertifs, les directifs, les promissifs, les expressifs, les déclaratifs.
Ces théoriciens sont par exemples : John Langshaw Austin : Quand dire c'est faire (1962), John Searle et Daniel Vanderveken : La logique illocutoire (1985)
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>>> lien externe : La logique illocutoire

15.04.2008

1° : Levons un coin du voile !

Si les 1er, 2ème et 3ème grades (ceux des Loges bleues) semblent acceptés et communs à tous les Ordres maçonniques, à l’évidence il n’en va pas de même pour les grades complémentaires. Alors nous devrions revenir au pourquoi de ces différents ateliers. Mais avant cela, il semble important de resituer la notion « d’ordre », en ayant à l’esprit des notions d’épistémologie, notamment « d’adhérences épistémologiques », car nous raisonnons par rapport à une culture particulière, en revendiquant une ambition universelle. Un « ordre » ne résulte pas de la volonté de quelques-uns, plus ou moins bien intentionnés, ce serait dans ce cas une secte, peut-être puissante, mais que l’Histoire ne retiendrait que comme un épiphénomène, voire une incongruité. Un « ordre » correspond à une phase dans l’évolution d’une civilisation. Il naît comme un outil nécessaire, et il disparaît comme un outil obsolète. Comme outil, son rôle est de mettre en relation les éléments qui fondent l’épistémé (la configuration du savoir) à une époque. Un savoir qui n’évolue pas de manière continue, mais par phases, avec des « ruptures épistémologiques ». L’ordre a pour but de rassembler ce qui semble épars dans cette phase, mais aussi de permettre le « passage » dans la phase suivante. Ainsi l’ordre doit-il savoir s’effacer, pour que naisse un nouvel ordre. Mais un ordre créé pour des besoins de convergences et d’unité, se veut avoir des racines, quitte à s’inventer une origine, quitte à s’écrire une histoire et des mythes fondateurs. Pour percevoir ces phénomènes d’ordre, il faut considérer les mouvements civilisationels qui en constituent le substrat. Les premiers « ordres chevaleresques » se sont créé pour répondre au besoin d’unité des empires, et ils se sont confrontés au gré des confrontations des empires. Pour autant certains de ces ordres antagonistes ont échangé, voire se sont placés dans une « commune-union » qui dépassant leurs substrats impérialistes, leur en à valu les foudres. L’ordre maçonnique est un outil de rapprochement universel, inter-civilisationel. Il est l’héritier de ces « communes-unions » et non des ordres précédents en eux-mêmes, qu’il serait vain de vouloir copier, voire de singer. L’ordre maçonnique travaille à l’amélioration de l’homme et de l’humanité. Le premier terme étant la condition sine qua non du deuxième. L’universalité de l’ordre maçonnique est dans l’unité de l’humanité. Pour que consciente d’elle-même, dans le respect de sa diversité nécessaire, elle comprenne et prenne sa place dans l’univers.
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